Cet article a été écrit en 2023, quand l’outil s’appelait encore Markets Pro. Depuis le 24 juin 2024, Shopify l’a renommé Managed Markets, et Shopify Markets est devenu « International » dans la documentation. Le fonctionnement n’a pas changé, le nom si. Voici la version à jour.
Managed Markets, en une phrase
Managed Markets est la solution de Shopify pour vendre à l’international sans devenir soi-même importateur dans chaque pays. Concrètement, Global-e devient le marchand de référence (merchant of record) sur vos commandes internationales : c’est lui qui porte l’enregistrement fiscal, la déclaration et le reversement des taxes locales, la gestion des droits de douane et la conformité aux restrictions d’importation.
C’est la différence de fond avec Shopify Markets (désormais « International »), qui vous permet de localiser prix, devises et langues mais vous laisse porter la responsabilité légale et fiscale dans chaque pays.
Combien ça coûte, exactement ?
Les frais sont publics et s’appliquent aux commandes internationales passées via Managed Markets.
- Frais de transaction : 3,25 % sur le plan Shopify Plus, 3,5 % sur les plans Basic, Grow et Advanced.
- Frais de conversion de devises : 1,5 %.
- Frais de traitement Shopify Payments, variables selon votre plan et le type de carte utilisée par le client.
Ces frais s’ajoutent, ils ne se remplacent pas. Avant de basculer, la question à trancher n’est pas « est-ce cher » mais « est-ce moins cher que de gérer moi-même l’enregistrement fiscal dans chaque pays de destination ». Pour une marque qui vend dans trois pays européens, la réponse est souvent non. Au-delà d’une dizaine de destinations, elle change.
Un point à connaître : dans certains pays, les frais Managed Markets sont eux-mêmes taxables selon l’adresse légale de votre société. Au Royaume-Uni la TVA s’y ajoute, au Canada la TPS ou la TVQ, aux États-Unis rien.
Ce que Managed Markets prend réellement en charge
- Droits de douane et taxes garantis au paiement. Le montant affiché au client est celui qui sera payé. Si la douane facture davantage, Managed Markets absorbe la différence. C’est la fonctionnalité qui supprime la mauvaise surprise à la livraison — première cause de refus de colis à l’international.
- Livraison DDP. Le client règle tout au moment de la commande, rien au facteur.
- Taux de change garanti sur les remboursements effectués dans les 30 jours, au taux du jour de l’achat. Vous ne perdez pas sur la volatilité entre la vente et le retour.
- Codes HS attribués automatiquement à vos produits, ajustés selon les restrictions du pays de destination.
- Moyens de paiement locaux — Klarna en couronnes danoises pour un client au Danemark, par exemple. Sur beaucoup de marchés, le moyen de paiement local pèse plus lourd sur la conversion que la traduction du site.
- Shop Pay à l’international, si votre checkout est à jour.
- Protection contre la fraude via Shopify Protect sur les commandes américaines.
- Validation d’adresse au paiement, qui réduit les échecs de livraison.
Le DDU disparaît le 24 août 2026 : ce qui change concrètement
Une précision qui change la donne pour les marchands encore en DDU sur certaines destinations : à partir du 24 août 2026, Shopify Managed Markets cesse de proposer le paiement des droits à la livraison (DDU) partout où le DDP est disponible. La bascule est automatique — aucune action n’est requise pour l’activer, mais elle change ce que voit et paie votre client au moment de l’achat.
Un exemple concret. Une boutique française vend une veste à 150 € à une cliente en Suisse.
- Avant (DDU) : la cliente paie 150 € à la commande. Son colis arrive en Suisse — avant de le récupérer, le transporteur ou la douane lui réclame en plus environ 30 à 45 € de droits et taxes, à régler sur place. Une partie des clients refuse de payer ou ne répond pas : le colis reste bloqué en douane, parfois renvoyé à l’expéditeur. Pour le marchand, c’est un retour logistique payé de sa poche et une cliente mécontente — pour une commande qu’elle avait pourtant réglée.
- À partir du 24 août (DDP, bascule automatique) : la cliente paie directement 150 € plus les droits estimés, par exemple 185 € au total, dès sa commande sur le site. Elle voit le prix réel et complet avant de payer. Le colis arrive sans réclamation surprise et sans blocage en douane.
Deux options avant le 24 août si vous vendez encore en DDU sur certaines destinations : laisser la bascule automatique se faire et adapter votre communication produit et checkout, ou désactiver Shopify Managed Markets si vous préférez conserver le fonctionnement actuel.
Comment présenter ce changement à vos clients sans que ça ressemble à une hausse de prix ?
Le piège classique : afficher un montant plus élevé au checkout sans explication, et laisser le client croire à une augmentation de prix. La bonne approche est inverse — présenter le paiement complet dès la commande comme une simplification, pas comme un coût supplémentaire. Trois leviers concrets :
- Sur la fiche produit, pour les destinations concernées : « Prix affiché tout compris, droits de douane et taxes inclus. Aucun frais à régler à la livraison. » Cette phrase déplace l’attention du montant vers l’absence de surprise.
- Au checkout, à côté du récapitulatif de commande : « Ce montant inclut les droits de douane et taxes de votre pays de livraison — vous n’aurez rien d’autre à payer à la réception. » Le client comprend qu’il paie une fois, pas deux.
- Dans les réponses du support client, face à un client qui s’étonne du montant : « Ce prix inclut déjà les droits de douane et taxes que vous auriez dû régler séparément au transporteur. En les payant maintenant, vous évitez tout blocage de votre colis en douane et tout délai supplémentaire à la livraison. » L’argument à mettre en avant n’est jamais le prix, c’est le délai et la certitude de réception.
Le message à faire passer, sous toutes ses formes : payer un peu plus cher tout de suite est objectivement plus simple que payer moins cher à la commande puis risquer un blocage en douane, un délai supplémentaire et un aller-retour du colis. C’est un argument de simplicité, pas une justification tarifaire.
Les conditions et les limites
Managed Markets demande un plan Basic au minimum et une boutique en ligne active. La disponibilité varie selon les pays : le support de la Turquie a par exemple été retiré en août 2024 à la suite d’une évolution des règles d’importation locales. Vérifiez la liste des destinations couvertes avant de construire votre plan commercial dessus.
Autre point structurant : puisque Global-e devient marchand de référence, la relation contractuelle avec le client final change de nature. Cela a des conséquences sur vos conditions générales, votre politique de retour et votre comptabilité. Ce n’est pas un détail juridique à traiter après la mise en ligne.
Notre lecture, en tant qu’agence
Managed Markets résout un problème réel et coûteux : l’enregistrement fiscal pays par pays. Pour une marque qui veut ouvrir dix ou vingt destinations rapidement, l’économie de temps et de conseil juridique justifie largement les frais.
En revanche, nous déconseillons d’y venir trop tôt. Une marque qui vend dans deux ou trois pays européens gagne davantage à soigner sa localisation — traduction réelle plutôt qu’automatique, prix arrondis par marché, transporteur local crédible — qu’à ajouter 3,5 % et 1,5 % sur chaque commande. L’internationalisation se gagne d’abord sur la pertinence locale, ensuite sur la mécanique fiscale.
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Pour une marque qui aborde le commerce international sans équipe dédiée, ce que propose Shopify Markets en version gérée revient à déléguer la conformité : le prix affiché intègre droits et taxes, et le marchand de référence assume le reste.
Revu par Marion, experte en projets B2B et internationaux chez LobsTTer.

